Colombes envolées dans la lumière du matin, tout vous semble facile: le premier battement d’ailes qui vous libère de la corbeille d’osier où l’homme vous enferme, l’envolée superbe qui vous place déjà bien loin au-dessus de l’odeur de la terre, le long voyage aussi qui vous ramène au pays de vos amours. Beaumont 7 heures 10, nuageux, Ô! Pouvoir s’élever avec vous au-delà du cercle brumeux de ma fatigue! Noyon 7 heures 26, nuageux à beau, lâcher à partir de 8 heures! Attendre, le faut-il? Pourquoi toujours ces veilles, ces nuits aux jours pareilles? lâchez à partir de 8 heures! |
fascinant, mystérieux, inexploré, inexplorable, en dépit de tous les blasons où s’épuisent les poètes. Tes jambes, points d’exclamation qui ouvrent la porte de mon étonnement. Ta croupe rebondie, annonciatrice de mille voluptés. Ton ventre, carrefour insondable, qui parenthélise toute autre question. Tes seins, menus ou pleins, qu’importe? toujours généreux. Tes bras, guillemets posés sur tes hanches. Tes mains, jamais distraites, toujours occupées là où il faut. Et par dessus tout, cet oeil, longue-vue qui sonde les coeurs en de mythiques points de suspension. Parties connues d’un tout qui m’échappe, corps de femme au soir de ma vie, Tu es l’insondable énigme pour un coeur qui s’emballe dans un corps à coeur infini, point d’interrogation. |
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Sang bleu des corps suppliciés.
Orgies des interrogatoires crépusculaires. Liberté crucifiée et crime de haute trahison. Justice! Signez votre déposition! Écrasement progressif de toute chair. Nuit où l’on vous arrache au sommeil. Ivresse du mensonge et archipel de l’anéantissement. Terreur de l’inconnu et vanité de la révolte. Spasmes de l’âme en délire d’infini. Yeux gonflés de lumière et de honte. Nerfs d’acier passés au laminoir du Goulag. Et l’éclair de l’Espoir éclate dans l’exil. |
disait-elle. Viens quand tu veux. Pliée en deux, perclue de rhumatismes, elle me reçoit dans sa cuisine. Ah! Te voilà, dit-elle. Et soudain son visage s’illumine. Il y a des oeufs, dit-elle. Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, elle m’apparaît, cette grand’mère, plus jeune que jamais. Je ne parle pas de sa peau qui est ridée, tanée, ni de ses os qui soutiennent vaille que vaille ce corps désassemblé, ni de sa poitrine, ni de ses bras, ni de son ventre, affaissé, las, oh! combien las. Je parle de son coeur, de son dévouement, de sa douceur. Elle se tient debout, les jambes arquées, à peine appuyée au rebord de la table, et elle bat les oeufs. Ah! Pourquoi faut-il toujours battre quand il serait si doux de caresser? Tandis que nous savourons son omelette, aux fines herbes, gonflée de vie et d’amour, elle me fixe d’un regard assuré et profond comme un adieu. Huit jours plus tard, la vie l’avait quittée. Il y avait des oeufs dans le panier. |
joie de fendre l’eau du lac que veillent les cyprès, joie de partir, joie de mourir et de renaître, joie d’être la quille qui s’élance ivre de paisibles conquêtes. Déesse alanguie au creux des vertes collines où mûrit la vigne altière, tandis que le paysan s’active à l’ombre de ses bras noueux, ta beauté dépasse et exprime à la fois l’ivresse de ton vin, la verdeur de tes côtes et l’éclat de ta lumière. Joie de rentrer au port, de jeter l’ancre à l’ombre des oliviers, myriades de follicules vertes, joie de se balancer au creux du port, quand tout s’endort au sein de l’opulent Benacum. Benacum: nom latin du lac de Garde. |