{"id":77,"date":"2014-10-15T22:09:38","date_gmt":"2014-10-15T20:09:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/?page_id=77"},"modified":"2014-10-16T16:43:22","modified_gmt":"2014-10-16T14:43:22","slug":"les-enfants-de-munich-critiques","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/les-enfants-de-munich\/les-enfants-de-munich-critiques\/","title":{"rendered":"Les enfants de Munich<br># critiques"},"content":{"rendered":"<h6>Jean-Louis Crousse<\/h6>\n<p>Voil\u00e0 un livre bien fait et paradoxal de surcro\u00eet, puisque les deux h\u00e9ros, Fr\u00e9d\u00e9ric et Barbara, n\u00e9s aux heures probablement les pires du si\u00e8cle, dans des camps antagonistes, vont vivre apr\u00e8s la guerre des temps globalement sereins, une complicit\u00e9 profonde que tout conspire \u00e0 transformer en convergence de d\u00e9sirs et de plaisirs d\u2019amour de plus en plus partag\u00e9s. Certes l\u2019ouragan de la guerre et de la peste nazie n\u2019est pas pass\u00e9 sous silence; c\u2019est m\u00eame de cela que leurs m\u00e9moires sont nourries, mais la vague est bien pass\u00e9e, jugul\u00e9e, elle ne hante pas leurs nuits ni leurs jours et rien de semblable ne s\u2019annonce \u00e0 l\u2019horizon. Ce livre n\u2019est pas tragique le moins du monde, tout coule, \u00ab panta rei \u00bb, et c\u2019est tr\u00e8s bien ainsi. L\u2019\u00e9veil de la vie, le flux du d\u00e9sir naissant chez les deux jeunes gens, la qu\u00eate du bonheur, tout cela a toutes les apparences d\u2019un long fleuve tranquille; les pens\u00e9es, studieuses, font leur chemin, plus ou moins parall\u00e8lement. En ce sens d\u2019\u00e9coulement et de m\u00e9tamorphoses, on peut l\u00e9gitimement qualifier \u00ab Les enfants de Munich \u00bb de roman-fleuve.<br \/>\n<figure id=\"attachment_98\" aria-describedby=\"caption-attachment-98\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Jean-Louis-Crousse.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Jean-Louis-Crousse-300x221.jpg\" alt=\"Jean Louis Crousse\" width=\"300\" height=\"221\" class=\"size-medium wp-image-98\" srcset=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Jean-Louis-Crousse-300x221.jpg 300w, http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Jean-Louis-Crousse-1024x755.jpg 1024w, http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/Jean-Louis-Crousse.jpg 1526w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-98\" class=\"wp-caption-text\">Jean Louis Crousse<\/figcaption><\/figure>Pour aller un peu plus avant dans l\u2019analyse de la facture du roman, je rappelle ici l\u2019id\u00e9e, d\u00e9velopp\u00e9e ailleurs par l\u2019auteur, de l\u2019identit\u00e9 belge en tant que creuset de l\u2019Europe. Ainsi la composante fran\u00e7aise se retrouve dans \u00ab Les enfants de Munich \u00bb quand on examine la composition du livre (l\u2019auteur est philologue romaniste): \u00e9criture d\u2019une grande \u00e9l\u00e9gance, \u00e9conomie de moyens, les id\u00e9es sont claires et distinctes, cart\u00e9sianisme pas mort. Jacques Goyens choisit toujours le fait, le d\u00e9tail significatif, \u00e9clairant plut\u00f4t que de se laisser entra\u00eener par tous les vents. Ce go\u00fbt de la ma\u00eetrise semble privil\u00e9gier le non-dit, l\u2019effacement de ce qui menace l\u2019irrationnel, la passion. Les deux protagonistes \u00ab raison gardent \u00bb, m\u00eame profond\u00e9ment \u00e9pris, ils ne cravachent pas le pr\u00e9sent dans leurs desseins sexuels et sentimentaux. C\u2019est pourquoi j\u2019ai parl\u00e9 de roman non-tragique, les sentiments n\u00e9gatifs, les forces destructrices n\u2019interviennent pas. C\u2019est ainsi, c\u2019est le choix du romancier, et l\u2019on peut, soit suivre l\u2019\u00e9crivain, ne pas chercher \u00e0 savoir pourquoi, rester l\u2019observateur, le lecteur discret, soit se poser des questions, interroger les mots et le non-dit, essayer de saisir ce qui sourd par dessous. J\u2019ajouterai que, si la t\u00eate est fran\u00e7aise, le coeur est allemand, ce qui rapproche quelque peu Jacques Goyens de Romain Rolland dans Jean-Christophe.<\/p>\n<p>Je vois deux points tr\u00e8s forts dans ce livre:<br \/>\n&#8211; l\u2019\u00e9panouissement de la sexualit\u00e9 et l\u2019\u00e9rotisme qui colorent merveilleusement le livre, d\u2019autant plus juste et enveloppant que cela s\u2019op\u00e8re de mani\u00e8re suggestive (l\u2019inceste et le lesbianisme y ont leur place).<\/p>\n<p>&#8211; le besoin de comprendre, avec, comme auxiliaires, la philosophie, l\u2019histoire et l\u2019arch\u00e9ologie.Sentiments, musique, philosophie: on est proche, me semble-t-il, des grands romans de Goethe: Les Ann\u00e9es d\u2019apprentissage de Wilhelm Meister et Les Affinit\u00e9s \u00e9lectives.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Jean-Louis Crousse<\/strong><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr bgcolor=\"#cc9\">\n<td>\n<h6>Joseph Bodson<\/h6>\n<p>Tout cela r\u00e9uni donne aux \u00ab Enfants de Munich \u00bb une grande harmonie: le roman, \u00e0 travers ses apparentes errances, se dirige vers une fin tr\u00e8s calcul\u00e9e, tr\u00e8s construite, avec un grand art de l\u2019intrigue, et nous d\u00e9livre le message du plus bel humanisme: la r\u00e9conciliation des anciens peuples ennemis d\u2019Europe, et cela non dans une perspective \u00e9gocentrique, mais afin de permettre \u00e0 l\u2019Europe, \u00e0 son tour, de s\u2019ouvrir sur d\u2019autres continents. Ce n\u2019est pas impun\u00e9ment que l\u2019on passe des Hautes Fagnes \u00e0 Balise, \u00e0 Tr\u00eaves, \u00e0 York, \u00e0 Coblence, Barcelone et Marrakech, pour aboutir finalement \u00e0 Munich. Le pass\u00e9 nous construit et les m\u00e9andres de notre coeur et de notre esprit ne sont pas sans \u00e9voquer ceux que tracent, sur les vieilles cartes d\u2019Europe, les fleuves et les fronti\u00e8res, m\u00eame si ces fronti\u00e8res sont appel\u00e9es un jour \u00e0 dispara\u00eetre. Et c\u2019est ainsi que le livre se termine par l\u2019\u00e9vocation de Henri Heine, le juif allemand, en tant que figure embl\u00e9matique du rachat de l\u2019Allemagne, et peut-\u00eatre de l\u2019Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Joseph Bodson<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h6>La Libre Belgique du 24 ao\u00fbt 1999<\/h6>\n<p><a href=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/munich_llb.gif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/munich_llb.gif\" alt=\"munich_llb\" width=\"200\" height=\"630\" class=\"aligncenter size-full wp-image-32\" \/><\/a><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr bgcolor=\"#cc9\">\n<td>\n<h6>Radio Antipode 12\/03\/2001<\/h6>\n<p>Chapeau : A vous Livre s&rsquo;\u00e9lance sur deux tranches de vie magnifiquement rendues par Jacques Goyens dans les Enfants de Munich. DENIS LEDUC<\/p>\n<p>Les Enfants de Munich de Jacques Goyens<br \/>\nLes enfants de Munich c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux qui sont n\u00e9s apr\u00e8s l&rsquo;immense et fallacieux espoir de paix n\u00e9goci\u00e9e entre Daladier, Chamberlain et Hitler \u00e0 Munich en 1938 et qui ont donc connu l&rsquo;enfance que l&rsquo;on sait.<br \/>\nA la Foire du livre de Bruxelles l&rsquo;auteur me confiait avec beaucoup d&rsquo;\u00e9motion qu&rsquo;il en \u00e9tait un et qu&rsquo;apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re il avait retrouv\u00e9 un courrier de celui-ci adress\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re et qui en quelque sorte planifiait sa naissance. Ce courrier il l&rsquo;a utilis\u00e9 en ouverture du roman.<br \/>\nLe roman va suivre la vie de deux de ces enfants : Fr\u00e9d\u00e9ric, le Belge et Barbara, l&rsquo;Allemande. M\u00eame si jusqu&rsquo;\u00e0 plus d&rsquo;une bonne moiti\u00e9 du livre Jacques Goyens s&rsquo;attache plus aux pas, aux \u00e9motions de Fr\u00e9deric.<\/p>\n<p>Au travers de sa prime enfance on revit les premiers mois de la guerre, l&rsquo;exode, l&rsquo;attente de la fin de la guerre, la lib\u00e9ration. Puis c&rsquo;est la scolarit\u00e9, l&rsquo;adolescence et ses premiers \u00e9mois et l&rsquo;universit\u00e9. Le parcours du tendre, l&rsquo;initiation sentimentale, la d\u00e9couverte des corps et les premiers voyages.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur rend cette \u00e9poque avec finesse et un net attachement qui fourmille de petits d\u00e9tails tr\u00e8s vrais. Ainsi l&rsquo;ambiance de l&rsquo;Expo 58 et ce qui s&rsquo;en disait est offert au lecteur avec une nostalgique jubilation.<\/p>\n<p>Barbara nous est d\u00e9crite d\u00e9j\u00e0 adulte dans une Allemagne qui se reconstruit et dans ces familles peupl\u00e9es de fant\u00f4mes disparus d&rsquo;une \u00e9poque et les questions silencieuses de l&rsquo;Allemagne sur l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p>Ils vont se trouver et lentement ces deux Enfants de Munich vont cheminer vers l&rsquo;amour et l&rsquo;\u00e9tat de couple.<\/p>\n<p>Le livre se conclut par une vibrante interrogation sur la libert\u00e9, la force de<br \/>\nl&rsquo;esprit de libert\u00e9 et les pi\u00e8ges du totalitarisme nationaliste.<\/p>\n<p>Je vous signale que Jacques Goyens est \u00e9galement l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de<br \/>\npo\u00e9sie intitul\u00e9 Harmoniques.<\/p>\n<p>Les Enfants de Munich de Jacques Goyens aux Editions Lux<\/p>\n<p><strong>Denis Leduc<\/strong> <a href=\"http:\/\/www.antipode.be\" target=\"_blank\">Radio Antipode sur 105.5 Mhz en Brabant wallon<\/a>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Louis Crousse Voil\u00e0 un livre bien fait et paradoxal de surcro\u00eet, puisque les deux h\u00e9ros, Fr\u00e9d\u00e9ric et Barbara, n\u00e9s aux heures probablement les pires du si\u00e8cle, dans des camps antagonistes, &hellip; <a href=\"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/les-enfants-de-munich\/les-enfants-de-munich-critiques\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les enfants de Munich<br \/># critiques<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":4,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"footnotes":""},"class_list":["post-77","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/P5j3HX-1f","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/77","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77"}],"version-history":[{"count":15,"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/77\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":165,"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/77\/revisions\/165"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.infoline.be\/jacques\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}